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Comment HTC est devenu un géant de l’électronique

octobre 1, 2009

htc-logoAprès mon post sur les pubs virales de T-Mobile basées sur les Flash Mob musicales, voici une petite histoire d’un autre acteur de cette campagne sur le Oprah Winfrey Show: HTC. Ce fabricant de smartphones n’est pas totalement étranger aux techniques du buzz marketing.

Pourtant, à sa naissance en 1997, le petit constructeur Taïwanais n’a pas de quoi inquiéter les grands constructeurs: sa vocation première est d’être un OEM (Original Equipment Manufacturer), c’est à dire un fabricant de mobiles pour d’autres marques. C’est notamment HTC (les initiales pour High-Tech Computer) qui fabrique un des premiers smartphone « moderne » commercialisé par Orange, le SPV.

orange-spv

Orange SPV

Le constructeur se contente d’abord de jouer les seconds rôles avec des téléphones pas forcément de très bonne qualité, et aux innovations encore limitées, rebrandés par les opérateurs: l’idée est de mettre le mobile entièrement à ses couleurs, y compris l’interface utilisateur. On peut alors vendre un mobile unique que les concurrents ne pourront pas proposer, en tout cas pas sous la même forme. Puis HTC décide de vendre des mobiles sous sa marque. A partir de 2005, HTC connaît une forte croissance car il profite à plein du développement du marché des smartphones sous Windows Mobile, et de la demande croissante des professionnels recherchant des appareils de plus en plus complets pour les accompagner dans leurs déplacements.

En 2007, HTC devient véritablement un géant du secteur en présentant des mobiles de plus en plus travaillés. L’interface utilisateur tactile baptisée TouchFLO, une couche visuelle ajoutée par-dessus Windows Mobile, rend enfin les smartphones attrayants: HTC ne vise plus seulement les professionnel, mais veut aussi toucher un plus large public. En cela, HTC bénéficie de la présentation du iPhone d’Apple, qui remet en avant les interfaces tactiles, et ouvre le marché des smartphones au grand public. Le Touch, premier mobile doté du TouchFLO, sort quelques jours avant celui d’Apple.

HTC Touch

HTC Touch

En 2008, HTC prend un nouveau tournant majeur, et s’associe à Google pour développer un système d’exploitation open source pour mobiles: Android. Résultat, HTC délaisse son ancien partenaire, Microsoft, et fabrique le premier mobile basé sur ce système. Le HTC G1 est lancé en Octobre 2008 aux Etats-Unis, par T-Mobile. Il connaît un gros succès et profite du buzz autour des smartphones lancés dans cette période, iPhone 3G en tête, pour se faire une belle place dans ce marché en pleine explosion, et devient en 2009 le 4e constructeur mondial de mobiles. HTC prévoit de nombreuses déclinaisons couvrant l’accès de gamme jusqu’au haut de gamme, et développe sa surcouche visuelle pour Android, appelée Sense UI. HTC dispose encore d’une longueur d’avance sur ses concurrents qui commencent à peine à intégrer Android dans leurs mobiles.

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HTC G1

Preuve que HTC devient une vraie marque communicante: depuis quelques mois une campagne virale basée sur des vidéos YouTube et un profil MySpace, vante les exploits d’une bande d’acrobates urbains, les « Street Heroes ». Le but est évidemment de faire la pub du HTC Hero. La marque est tellement visible que cela manque presque de subtilité. Je vous laisse seuls juges:

Profil MySpace

Samsung va commercialiser un mobile doté du zoom optique

septembre 28, 2009

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Source: Engadget

Des photos montrent que Samsung devrait annoncer prochainement un mobile doté d’un zoom optique: l’écart qui sépare encore les “caméraphones” et les appareils photos de base va encore se réduire. Après les flash xénon, la course aux pixels, la connectivité poussée, les mobiles vont se doter du zoom optique. Sur la photo, le dos l’appareil ressemble réellement à un appareil photo. Comme le fait remarquer Engadget, on a plus l’impression d’un appareil photo doté de fonctions de téléphone.

Comme souvent, les Coréens sont très en avance dans le domaine des innovations sur les mobiles, et on verra probablement le même type d’appareil en France d’ici un à deux ans. Mais si cela paraît encore loufoque, on s’y dirige quoi qu’il arrive: à l’image des mobiles Sony-Ericsson, très différenciés en fonction des usages, les mobiles mettant l’accent sur l’appareil photo vont de plus en plus s’améliorer et venir concurrencer les appareils photos d’entrée de gamme.

Les principales victimes seront les constructeurs spécialisé dans cette gamme, dont Kodak, Fujifilm, Samsung lui-même, et dans une moindre mesure Canon, qui vendent beaucoup de ces petits appareils photos basiques. Kodak a déjà cherché à anticiper ce tournant en participant au développement d’un mobile Motorola aux capacités photographiques avancées. Mais pas sûr qu’un mobile co-brandé avec une marque pas très en forme suffise à répondre à ces attaques. Alors pourquoi ne pas imaginer Kodak rivaliser tout seul en introduisant un appareil photo doté des fonctions d’un mobile?

Les Flash Mob de T-Mobile

septembre 17, 2009

t_mobile_logoIl y a quelques jours, je suis tombé sur la vidéo du concert des Black Eyed Peas en ouverture de la 24ème saison du Oprah Winfrey show. Alors que le groupe commence à chanter, une seule personne dans la foule danse. Les autres ont l’air peu enthousiasmées par la musique. Puis d’un coup plusieurs personnes se mettent à danser, dans une chorégraphie bien orchestrée, et au bout d’une minute, c’est toute la foule autour de la seine qui danse de façon synchronisée, pour le plus grand plaisir d’Oprah Winfrey qui n’était pas au courant de la manœuvre.

Là on se dit, c’est très spectaculaire, ça fait un gros buzz sur Internet, c’est une très bonne pub pour les Black Eyed Peas et pour Oprah Winfrey. Oui mais pas seulement. Ce procédé très à la mode des flash mob qui exécutent des chorégraphies dans des lieux publics alors que personne ne s’y attend, a été utilisé dans une pub, pour T-Mobile. Ah tiens la vidéo d’Oprah est aussi sponsorisée par T-Mobile…

Là aussi, gros buzz, qui a donné lieu notamment à une pâle imitation en France pour Afflelou.

En réalité cet événement diffusé aux Etats-Unis en prime-time, n’est qu’une gigantesque publicité pour T-Mobile, dans la vidéo diffusée à la télévision la marque est omniprésente! Les caméras mettent bien en avant les gens qui prennent tous en groupe des photos avec leurs portables… Uniquement des HTC My Touch 3G, commercialisés exclusivement par… T-Mobile!  Même Oprah tient son mobile bien devant elle pendant toute la chanson pour soi-disant prendre une vidéo, ce qui, par chance, met particulièrement bien en avant son téléphone T-Mobile… A force de revoir la vidéo on voit du rose partout (comme la couleur de la marque), pas mal de gens sont habillés en rose, et les éclairages de la scène sont la plupart du temps de cette même couleur. En plus des vidéos virales en grande partie destinées à être diffusées par Internet, T-Mobile s’offre une publicité géante en prime-time sur un des shows les plus regardés aux USA, et présenté par une personnalité qui guide l’opinion publique américaine, et une vraie référence en matière de consommation.

Le slogan de ces campagnes virales débutées par T-Mobile UK: « Life’s for Sharing » (La chaîne YouTube ici, une vraie mine d’or). On a toujours besoin de communiquer les trucs extraordinaires qui peuvent arriver tous les jours, dès qu’il arrive quelque chose, on a pris pour habitude de dégainer son portable et prendre une photo, une vidéo, passer un coup de fil, partager quoi.

Cette vidéo des Black Eyed Peas est impressionnante et efficace, mais j’ai une préférence pour les versions UK, qui donnent toujours le sourire: Faire un karaoké géant à Trafalgar Square en distribuant 2.000 micros pour faire chanter tout le monde « Hey Jude » des Beatles et faire apparaître Pink au milieu de la foule est vraiment une très belle idée, ça donne presque des frissons, comme la chorégraphie de la gare de Liverpool: c’est parfait pour voir la vie en rose!

Les jeux à épisodes sur iPhone

septembre 14, 2009

Jeu-MinigoreIl y a un mois, j’ai craqué pour un jeu sur iPhone: j’ai décidé de dépenser 79 centimes pour m’offrir Minigore (lien vers l’App Store), un jeu de survie, ou l’on contrôle un personnage cubique appelé John Gore, au look et aux expressions assez comiques, qui doit tuer des créatures sombres de plus en plus grosses, appelées les furries, le tout dans un univers graphique coloré et très inspiré de la BD. Le jeu est très prenant et procure de belles sensations, plus on avance, plus les ennemis sont nombreux et rapides. Un aperçu en vidéo:

Mais ce jeu possède une caractéristique de plus en plus présente sur les applications pour iPhone: comme Pocket God ou Harbour Master, des mises à jour sont planifiées à l’avance par les développeurs pour proposer de nouveaux « épisodes », avec de nouvelles armes, de nouvelles cartes, de nouvelles créatures, voire une véritable histoire qui évolue, chaque épisode apporte un nouvel éclairage à l’histoire de ce mystérieux John Gore. Régulièrement des épisodes sont ajoutés et proposés au téléchargement, gratuitement. Le côté intangible du jeu (il est matérialisé par un fichier informatique, et non plus par une cartouche ou un disque) et surtout le développement des connexions Internet, lui confère un caractère vivant et évolutif: en fonction des demandes, des remarques, des événements, on peut changer le jeu et l’enrichir.

Si ce système séduit de nombreuses personnes et change la façon de jouer sur mobile, et peut-être aussi sur console de salon, il y a deux problèmes qui se présentent:

Le premier est inhérent aux jeux sur iPhone: la mise en ligne des applications et des mises à jour sur l’App Store est soumise à l’approbation d’Apple. Ce n’est pas une place de marché totalement ouverte, et Apple souhaite absolument contrôler toutes les applications pour s’assurer qu’elles ne posent pas de problème de droit, de sécurité, ou de violence. Si c’est louable, le nombre d’applications qui arrive sur iTunes est tellement considérable que Apple risque de dépenser des sommes folles pour tout contrôler. Comme les moyens humains ne suivent pas forcément du côté d’Apple, les temps d’approbation des mises à jour s’allongent et perturbent les plans des créateurs. Pour reprendre le cas de Minigore, le 2e épisode a été annoncé et soumis à Apple début Août, mais n’est toujours pas disponible. Heureusement, j’ai constaté sur leur blog que je n’étais pas le seul à vérifier tous les quarts d’heure si la mise à jour était arrivée. Visiblement, elle s’est perdue dans les méandres des processus d’approbation de l’App Store. Si Apple ne change pas ces manières, en proposant par exemple un compte « premium » aux développeurs leur permettant d’accéder plus rapidement à l’App Store, cette situation risque d’avantager à l’avenir des plateformes plus ouvertes comme celle d’Android de Google, et d’autres initiatives comme le Market Place de Microsoft.

Deuxième question: Est-ce que c’est rentable? Dans le cas de Minigore, Harbour Master et Pocket God, l’application coûte 79 centimes seulement, et tout le reste est gratuit ! Les épisodes sont parfois des simples modifications du Gameplay, ou l’ajout d’une nouvelle difficulté, les moyens mobilisés ne sont pas aussi importants que pour le développement du jeu en lui-même, mais cependant le travail fournit n’est pas rémunéré par un nouvel acte d’achat. L’intérêt réside dans le fait qu’on maintient l’attention du joueur en enrichissant perpétuellement le jeu. Ce n’est pas juste un jeu avec différent niveaux où, arrivé au bout, on peut l’oublier. L’attention est constante, les joueurs jouent sans limite, et ne s’arrêtent donc pas de parler à leurs amis de ce jeu, le buzz est constant. Ce qui provoque de nouveaux achats. C’est un équilibre fragile qui peut être cassé dès que la mise à jour se fait un peu attendre, ou bien dès que le téléchargement proposé n’est pas suffisamment ambitieux, ou bien lorsque le gameplay se fait trop vieux. A ce moment-là, il n’est plus rentable de continuer à mettre à jour, il faut développer autre chose.

Ce nouveau principe me fait beaucoup penser aux séries télés, et je suis convaincu qu’il peut aller encore plus loin que ce qui se fait actuellement: plutôt que de proposer de simples goodies, on peut réellement enrichir le jeu. Par exemple, chaque mois les lapins crétins proposeront une nouvelle épreuve, Grand Theft Auto une nouvelle mission, Splinter Cell un nouveau scénario, et les jeux de football feront régulièrement évoluer la difficulté en fonction de l’état de forme actuel des vraies équipes de football, et pas seulement à travers les grandes mises à jour annuelles.

Netflix: Le modèle de VoD à adopter en France?

septembre 10, 2009

Netflix

Récemment j’ai découvert une société pas si jeune que ça, qui semble faire un carton dans la vidéo à la demande (VoD) aux États-Unis. Créé en 1997, Netflix est basé en Californie et opère uniquement aux États-Unis (malheureusement). C’est un fournisseur de contenu vidéo (Films, Séries TV…). Le principe de départ est la location de DVD par Internet: Un abonnement mensuel donne accès à une DVDthèque très complète, permet de choisir les titres qui nous intéressent, ceux-ci sont envoyés par courrier, et sont livrés le lendemain de la commande. On peut garder le DVD autant de temps qu’on le souhaite, puis on le renvoie en utilisant la célèbre enveloppe rouge pré-affranchie, et on peut ainsi recevoir un nouveau DVD. Les différents niveaux d’abonnement comprennent la possibilité d’avoir jusqu’à 3 DVD en même temps chez soit. L’abonnement débute à 8,99$ pour un DVD a la fois, et jusqu’à 16,99$ par mois, pour 3 DVD à la fois. Ces prix incluent tout, l’envoi, la location et l’enveloppe pré-affranchie.

Certes le principe n’est pas nouveau, mais il est intéressant de voir comment cette société a évolué avec l’apparition de nouvelles habitudes de consommation, de la télévision par Internet (IPTV) et à la montée du piratage, en proposant du contenu en téléchargement illimité : Le même abonnement mensuel donne accès aux DVD envoyés mais aussi à la vidéo à la demande de façon illimitée. En plus de cela, Netflix a su développer sa présence sur de nombreuses plate-formes de distribution et est présent sur la PC, Mac, XBox, TiVo, Roku et une application iPhone est même prévue !

Et en France?
En France, Glowria possède un business model ressemblant à celui de Netflix. Face à la montée de la distribution de contenu en ligne, Glowria a aussi tenté de se diversifier dans la VoD. Sans trop de conviction puisque les quelques titres disponibles en VoD ne sont lisibles que sur PC, et bien évidemment leur achat n’est pas inclus dans les abonnements mensuels qui concernent uniquement les Disques envoyés par La Poste. Impossible donc de parler de stratégie multi-plate-forme. Glowria appartient actuellement à Netgem, une société française qui fournit entre autres des solutions de diffusion de contenus pour la VoD. En clair ils fournissent des portails en marques blanches pour SFR et compagnie. En 2008 Netgem a racheté Vidéo Futur, qui propose de la location de DVD en passant par des magasins, mais aussi de la VoD. Là encore, ni multi plateforme, ni abonnement pour regarder en illimité, le visionnage se fait sur PC, et le paiement en one-shot.

Les services de vidéo à la demande n’existent donc pas réellement en France, ou sont souvent très limités: soit il n’est possible de regarder que sur son ordinateur, soit ce sont les fournisseurs Internet comme Free, qui ne proposent du visionnage que par leur Box, donc pas de XBox, de TiVo, et encore moins de mobile. Il y a donc selon moi largement la place en France pour un fournisseur de contenu indépendant des opérateurs, qui propose du téléchargement illimité et multi-plateforme. Les majors auraient aussi tout intérêt à pousser ce type d’offre: un contenu qu’on peut regarder avec facilité sur plusieurs appareils, pas obligatoirement de la même marque, à la maison ou en mobilité, en passant par un seul fournisseur, un seul abonnement mensuel, c’est le meilleur moyen de rendre le piratage obsolète et « inergonomique » au possible.

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